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Parisien mais presque par ParisienMaisPresque
235 hôpitaux sur la sellette  posté le 17/04/2008 à 11:41 divers
C'est drôle comme une nuit peut sembler longue. Réveillé à deux heures du matin, je ne parviens plus à retrouver le sommeil. Je n'arrive pas trop à savoir si c'est le ronflement de mon colocataire de droite ou les gargouillis du ventre de ma voisine d'en face qui m'ont tiré si fermement des bras de Morphée. Toujours est-il que je n'arrive plus à me rendormir. Plusieurs questions s'entrechoquent dans mon esprit. Comment ai-je pu si bêtement perdre cette partie de courte-paille qui m'aurait permis d'accéder au seul repas servi hier dans notre chambre ? Et puis, suis-je réellement convaincu par les arguments diffusés depuis plusieurs mois sur la nécessité de rentabiliser l'hôpital public ? N'y aurait-il pas des intentions froidement rigoristes dans le fait de supprimer la moitié des rations alimentaires des patients dans une volonté prétendue de lutter contre le fléau de l'obésité post-opératoire qui nous guetterait ? Suis-je vraiment enchanté par la dynamique citoyenne de "vivre ensemble" souhaitée par le ministère qui a conduit à nous regrouper à dix dans des chambres sans fenêtre (pour réduire les coûts exorbitants engendrés par les déraisonnables prétentions salariales de laveurs de carreaux trop gourmands) ? Etait-il réellement pertinent de fermer l'hôpital voisin de mon domicile et de m'envoyer à 200 kilomètres pour, comme l'a décrété un comité d'experts, réduire le risque de transmission de maladies nosocomiales liées à une surabondance de visites familiales ? N'ai-je pas été un peu hypocondriaque, comme le laissait entendre à demis-mots le consultant en audit médical, en voulant à tout crin me faire enlever cet appendice qui n'était, après tout, que raisonnablement inflammé ? Fallait-il vraiment vendre tous les lits médicalisés du service pour faire des économies en nous offrant, en prime, le privilège d'expérimenter ces prototypes de chaises en métal commercialisées par un start-up spécialisée en mobilier hospitalier détenue en partie par l'épouse et le neveu de notre bien-aimé ministre ? J'avoue que je n'arrive plus trop à réfléchir. J'ai du dormir quatre heures et en tout cette semaine. Et j'ai vérifié la monnaie qui me reste : je n'ai plus les moyens de sonner l'aide-soignant stagiaire pour qu'il me vende un somnifère. Tant pis. "235 hôpitaux sur la sellette" - Titre du Parisien, le 17/04/08
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Les prix sont fous  posté le 17/04/2008 à 11:39 divers
Sous les néons du rayon produits frais, une main s'élève. Elle se suspend quelques instants dans l'air avant de s'abattre lourdement. Compulsivement, elle monte et redescend à toute vitesse et assène les coups avec une violence rare. Les assauts se multiplient et ne s'interrompent que quelques secondes pour reprendre toujours plus agressifs, toujours plus brutaux. L'arme fait son office sans faiblir ; l'auteur des coups est déterminé, convaincu de la légitimité de son acte, empli d'une froide frénésie. Ses yeux pétillent ; un léger filet d'écume marque les commissures de ses lèvres. Il ne s'arrêtera qu'après avoir totalement achevé son forfait. Poussé par une force supérieure, il n'hésite pas, il agit. Et les coups pleuvent sous les néons du rayon produits frais. Leur auteur se trouve des circonstances atténuante : il ne fait que répercuter l'augmentation du coût des matières premières. Froide, mécanique, l'étiqueteuse s'abat sur ses victimes. Le sort en est jeté. Il est trop tard. Les prix sont fous. "Les Prix sont fous" - Titre du Parisien le 16/04/08
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Créé le :  17/04/2008
Dernière article le : 17/04/2008
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Alors qu'il cherchait dans son esprit malade un raccourci que jamais il ne trouva, notre héros aux genoux psychopathes vit s'illuminer une idée : voler chaque matin le titre à la une du Parisien pour en faire, le temps d'un trajet de métro, le prétexte d'un texte. Et il vit que cela était bon.
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